La digestion: l’oesophage et l’estomac

Dans un précédent article “Et si la digestion commençait dans la bouche…”, nous avons vu l’importance de la bouche dans le processus digestif. Mais ce n’était que le début…Deuxième étape de notre aventure digestive, l’oesophage et l’estomac..Le moins que l’on puisse dire, c’est que ces deux organes ne se ménagent pas pour vous donner une digestion facile…

Après la bouche, l’oesophage direction l’estomac

 

“L’oesophage, c’est juste un tuyau”

 

oesophage

 

L’oesophage n’est pas l’organe le plus populaire qui soit. On connaît son nom, sa localisation dans le corps et…c’est déjà pas mal. C’est un peu le “mal-aimé”, “l’incompris”. “C’est juste un tuyau” diront certains. Certes, c’est un tuyau, mais sans lui vous seriez bien embêter, alors un peu de respect.

Malgré une côte de popularité en berne, l’oesophage est, comme vous vous en doutez, un organe essentiel dans le processus digestif.

L’oesophage: un tuyau d’une vingtaine de centimètre (quand même!) qui n’a qu’un seul but: conduire ce merveilleux mélange de salive et de nourriture de la bouche à l’estomac. Et bien que ce soit une descente du haut vers le bas (oui une descente quoi!), l’oesophage a à sa disposition quelques auxiliaires qui lui facilitent grandement le travail. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que ce n’est pas une question de gravité: même en ayant la tête en bas, l’oesophage est tout de même capable de faire parvenir les aliments à l’estomac et là, c’est fort !

L’oesophage est tapissé de muscles qui se contractent dès que vous déglutissez. Mais ce n’est pas tout. Une matière lubrifiante accompagne votre aliment et lui permet de glisser vers l’estomac.

A savoir qu’il est également doté de deux sphincters, un à l’entrée et un à la sortie pour empêcher les reflux vers la bouche. Si ces sphincters n’étaient pas là, votre début de digestion aurait un goût bien étrange…

Donc ne dénigrons plus cet organe salutaire pour notre digestion et félicitons-le pour les centaines de descentes en rappel qu’il effectue chaque jour.

 

Et l’onde péristaltique alors?

 

Nous avons dit que l’oesophage était tapissé de muscles qui se contractent, ce qui aide à faire descendre les aliments. Cette contraction se nomme “onde péristaltique” rien que ça! Vous avez certainement déjà entendu parler du fameux “péristaltisme intestinale” (répétez avec moi!). Ce mouvement qui accompagne la descente des aliments jusqu’à l’anus. Et bien en fait il commence dans l’oesophage.

Sans cette onde péristaltique, la digestion n’avancerait pas ou peu et les matières fécales passant par le côlon stagneraient, ne pouvant pas avancer.

Un péristaltisme ralenti est l’une des causes principales de constipation car les selles restent trop longtemps dans le côlon.

Et quelles sont les raisons d’un péristaltisme intestinal ralenti? Je vous le donne en mille: le stress, l’anxiété, une alimentation sur-transformée industrielle…

 

L’estomac: attention ça va piquer

 

Que se passe-t-il lorsque les aliments arrivent dans l’estomac?

 

Une fois que les aliments mâchés (ou bol alimentaire) ont glissé le long de l’oesophage, tout va changer.

Le bol alimentaire était dans un environnement non-acide au niveau de l’oesophage d’un PH neutre d’environ 7, c’est doux, c’est confortable, c’est moelleux…Mais arrivé dans l’estomac, ça ne va pas être la même histoire…

Dès que l’estomac reçoit l’information que le bol alimentaire arrive, tous ses petits soldats se mettent en action.

Mucus, glandes gastriques, nerf vague, enzymes pepsinogènes, gastrine: tout ce petit monde par un ingénieux système de langages codées, d’activation et autres stratégies militaires, va finir par produire une petite piscine d’acide chlorhydrique dans le fond de l’estomac pour accueillir comme il se doit son invité de marque, j’ai nommé le bol alimentaire.

Lui qui était tranquillement en train de se promener dans l’oesophage, va littéralement faire un chute vertigineuse dans cette piscine d’acide chlorhydrique d’une acidité entre 1 et 3.

Rendez-vous compte: le bol alimentaire passe donc d’un PH 7 (neutre) à un PH entre 1 et 3 (très acide). Autant vous dire que ce n’est pas une thalasso et que ça pique un peu (voire beaucoup). Comment vous dire? Mettez de l’acide PH 3 sur votre main et vous allez bondir au plafond, avec une belle brûlure en prime.

 

oesophage

 

Mais pourquoi tant d’acidité?

 

Dans quel but? Pourquoi tant de souffrance infligé à ce pauvre et innocent bol alimentaire ?

L’acide chlorhydrique sert à activer les pepsinogènes qui elles-même vont activer les pepsines. Ces pepsines sont indispensables dans la digestion des protéines animales ou végétales.

Car si dans la bouche et l’oesophage, c’est la digestion de l’amidon qui avait lieu sous l’action de l’amylase, dans l’estomac, c’est principalement les protéines animales et végétales qui vont être digérées.

Dans l’estomac, il y également une petite sécrétion de lipase qui va commencer la digestion des graisses qui se terminera un peu plus loin. Quel polyvalence cet estomac, un bosseur, je vous dis.

Une fois que le bol alimentaire s’est bien “rafraichi” dans son bain d’acidité, il change de nom. Eh oui, il y a eu transformation. Telle la chenille qui devient papillon, le bol alimentaire devient chyme…que de poésie dans la pénombre de nos entrailles.

S’en suit une petite vidange gastrique par un passage par le pylore qui conduit à la prochaine étape de notre aventure digestive. A venir très prochainement. Oui je sais le suspense est insoutenable, vous voulez tous savoir ce que devient notre ami le chyme. Un peu de patience…

 

Attention aux combinaisons alimentaires

 

oesophage

 

Donc en théorie, notre digestion doit se dérouler ainsi. Chacun a son rôle, pas d’encombre, pas d’obstacle.

Mais ça, c’est en théorie, car en pratique, notre alimentation moderne complique souvent la tâche à notre digestion. En effet, pour avoir une digestion optimale, notre corps est fait pour ne digérer qu’une catégorie d’aliments à la fois. Je m’explique.

Le problème, ce n’est pas vraiment la digestion des aliments en eux-même mais l’interaction qu’il va y avoir entre eux dans le tube digestif.

Si vous mangez plusieurs catégories différentes d’aliments, le processus de digestion des uns devra être stoppé par la digestion des autres. Ce qui va avoir pour conséquence de se retrouver avec les aliments non complètement digérés dans les intestins puis le côlon. Entravant ainsi la bonne assimilation de ces derniers.

En bref, si on mange en même temps des amidons et des protéines, ou des amidons et des sucres rapides, il va y avoir fermentation.

Oui oui, vous avez bien lu: FER-MEN-TA-TION. Votre corps devient donc une usine à fabriquer de l’alcool. Et cet alcool, en plus de créer un environnement toxique pour vos cellules, va produire un phénomène de pression qui se manifeste par des ballonnements, des flatulences et de l’aérophagie.

 

Concrètement, il se passe quoi?

 

Concrètement, si vous mangez des pommes de terre (amidons) avec des émincés de poulet cuits à la vapeur (protéines), que va-t-il se passer dans votre corps?

Les pommes de terre vont commencer leur digestion dans…la bouche (bravo!) car ce sont des…amidons (bien joué!) et que les amidons sont digérés dans la bouche sous l’effet de…l’amylase (quelle mémoire!). L’amylase ne s’occupe pas des émincés de poulet car elle ne sait pas digérer les protéines.

Le bol alimentaire descend le long de l’oesophage où la digestion des pommes de terre continue tranquillement…et là c’est le drame! (si si je vous assure). Arrivé à l’estomac, notre bol alimentaire (pommes de terre et émincés) va plonger dans sa piscine d’acide. Le problème, c’est que l’acidité stomacale va immédiatement stopper le processus de digestion des amidons par l’action de l’amylase pour pouvoir s’atteler à la digestion des protéines. Car oui le corps va toujours donner la priorité aux tâches dures à effectuer. Et il se trouve que les protéines demandent plus de travail que les amidons c’est pour cela qu’elles passent en priorité.

oesophage

La fermentation

Donc, on se retrouve avec un estomac en pleine digestion de protéine avec les émincés de poulet. Mais les pommes de terre non-digérées totalement, que font-elles? Eh bien elles attendent, parfois longtemps, très longtemps. Et que se passe-t-il lorsque que l’on laisse des sucres complexes (amidon) en position d’attente? Des sucres qui attendent leur tour dans un environnement sombre, chaud et acide? Ils fermentent.

Donc les amidons attendent que les protéines soient digérées pour rentrer dans l’estomac ce qui peut être très long (3 à 5 heures). Pendant ce temps, les amidons attendent, et des longues chaînes de sucres qui attendent, ça fermente…

Le même processus se mettra en place si on mange par exemple une tarte aux pommes qui est un mélange d’amidons (la pâte à tarte à base de blé) et de sucres simples (sucre raffiné et pommes). La pâte à tarte va commencer à être digérer dans la bouche et l’oesophage. Mais pendant que l’amylase digère les amidons, les sucres simples de la pomme attendent leur tour. Il y a donc fermentation.

 

Les combinaisons alimentaires à respecter pour une digestion optimisée

 

Le principe des combinaisons alimentaires est l’une des bases de l’hygiénisme (le fait de se nourrir et de vivre selon les lois du fonctionnement du corps humain), et a été développée par les grands hygiénistes comme Herbert M. Shelton et Albert Mosséri.

Ces combinaisons alimentaires sont une sorte de standard à respecter pour avoir une bonne digestion, mais bien sûr chaque individu est différent. Pour certains, certains mélanges les rendront malades. Pour d’autres, ces mêmes mélanges seront parfaitement digérés et il n’y aura aucun soucis. Tout dépend bien sûr de la vitalité digestive des uns et des autres. D’où l’importance d’être à l’écoute de son corps et d’expérimenter.

 

Les combinaisons alimentaires à éviter:

-amidon / protéines (par exemple, riz et poulet)

-amidon / sucres simples (par exemple, tarte aux pommes)

-sucres simples / lipides (comme un gâteau aux chocolat)

-sucres simples / protéines (comme un yaourt aux fruits)

Les combinaisons possibles mais lourdes:

-amidon / amidon (par exemple, du pain avec du riz ou des pâtes)

-amidon / lipides (par exemple, du pain avec de l’huile d’olive)

-protéines / lipides (poulet à l’huile d’olive ou crevettes à l’avocat)

Les combinaisons optimales:

-amidon / légumes (verts de préférence comme par exemple du riz et des petits pois)

-fruits / légumes verts

-protéines / légumes verts

-lipide / légumes verts

 

Notre corps, c’est comme un moteur de voiture (enfin presque). Il lui faut un carburant adapté pour avancer et pour rouler le plus longtemps possible.

Les combinaisons alimentaires ne doivent pas être prises comme une contrainte. Mais plutôt comme une aide, un repère afin de savoir ce que notre corps supporte ou ne supporte pas (ou plus). Il est important d’EXPERIMENTER et d’observer si on se sent mieux en mélangeant tels aliments plutôt que d’autres.

L’instinct et l’écoute de son corps ont un grand rôle à jouer dans notre bien-être. Il ne faut surtout pas les négliger.

Et n’oubliez pas, c’est aussi ça vivre physio-logique.

A très vite pour la troisième étape de notre aventure digestive qui se déroulera dans la première partie de l’intestin grêle, j’ai nommé le duodénum (ça fait rêver non?).

 

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