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Hijama et grossesse : ce que vous devez vraiment savoir avant de vous lancer

La hijama pendant la grossesse — c’est un sujet qui fait débat. D’un côté, des femmes enceintes qui témoignent de soulagement remarquable après une séance. De l’autre, des praticiens qui refusent catégoriquement d’intervenir sur une femme enceinte, par précaution ou par peur des conséquences.
La réalité est plus nuancée — et c’est exactement ce que cet article va vous expliquer.
Ni alarmiste, ni naïf. Juste honnête.
Parce que vous méritez une information complète, équilibrée, qui respecte votre intelligence et votre capacité à prendre vos propres décisions de santé.

La hijama pendant la grossesse : ce que dit la tradition

La hijama est une pratique millénaire mentionnée dans la médecine prophétique et utilisée depuis des siècles dans de nombreuses cultures — arabe, chinoise, africaine — y compris chez les femmes enceintes.
Historiquement, la hijama n’a pas toujours été contre-indiquée pendant la grossesse. Au contraire, certaines traditions médicales ancestrales l’utilisaient précisément pour soutenir la femme enceinte dans certaines situations spécifiques — douleurs lombaires, œdèmes, fatigue intense, nausées persistantes.
Ce contexte historique est important car il rappelle que la hijama et la grossesse ne sont pas incompatibles par nature. Ce qui a changé, c’est le contexte médico-légal et la prudence — compréhensible — des praticiens modernes.
Pour comprendre pourquoi la hijama peut être bénéfique pendant la grossesse, il faut d’abord comprendre ce qu’elle fait dans le corps. Si vous n’êtes pas encore familière avec cette pratique, je vous invite à lire [mon article complet sur la hijama et ses bienfaits].

Les bienfaits potentiels de la hijama pendant la grossesse

La grossesse est une période de transformations physiologiques intenses. Le corps change rapidement, les organes sont comprimés, la circulation sanguine et lymphatique est ralentie, et les inconforts s’accumulent souvent au fil des trimestres.

Soulagement des douleurs lombaires et du dos

C’est l’une des plaintes les plus fréquentes en cours de grossesse. Le poids croissant du ventre modifie le centre de gravité et surcharge la colonne lombaire. La hijama sèche — sans incision — posée sur les zones douloureuses peut apporter un soulagement significatif en décontractant les muscles et en stimulant la circulation locale. Beaucoup de femmes rapportent un soulagement immédiat et durable après une séance de hijama sèche sur le bas du dos.

Réduction des œdèmes

Les jambes lourdes et les chevilles gonflées sont un classique de la fin de grossesse. La lymphe stagne, la circulation veineuse est ralentie par la pression utérine. La hijama stimule le drainage lymphatique et peut apporter un soulagement notable des jambes lourdes et des œdèmes. C’est particulièrement le cas de la moving cupping, cette technique où la ventouse est déplacée doucement sur la peau huilée —

Atténuation des nausées du premier trimestre

Certains points de hijama traditionnellement utilisés pour soulager les nausées peuvent être travaillés avec des ventouses sèches, sans aucune incision. Les nausées du premier trimestre étant particulièrement invalidantes pour certaines femmes, c’est une option qui mérite d’être connue. Même si elle reste peu documentée scientifiquement à ce jour.

Soutien à la circulation sanguine et lymphatique

En activant la circulation sanguine et lymphatique, la hijama soutient indirectement les fonctions d’élimination du foie et des reins — deux organes particulièrement sollicités pendant la grossesse. Une meilleure circulation signifie une meilleure oxygénation des tissus et une élimination plus efficace des déchets métaboliques.

Réduction du stress et équilibre du système nerveux

La hijama a un effet profondément relaxant sur le système nerveux autonome. En période de grossesse — souvent marquée par l’anxiété, les insomnies et la surcharge mentale — cet effet apaisant peut être particulièrement précieux. Un système nerveux parasympathique activé, c’est un corps qui se repose, une maman qui récupère et un bébé qui en bénéficie.

La réalité du terrain : pourquoi peu de praticiens acceptent de pratiquer la hijama sur une femme enceinte

C’est ici que je dois être totalement honnête avec vous — parce que l’enthousiasme pour la hijama ne doit pas vous empêcher de voir la réalité pratique du terrain.

La peur de la responsabilité médicale

La vérité, c’est que même parmi les praticiens de hijama les plus expérimentés et les plus compétents, beaucoup refusent de pratiquer sur une femme enceinte. Et cette réticence est compréhensible.
La grossesse est une période de grande fragilité. Les fausses couches — particulièrement au premier trimestre — sont malheureusement fréquentes, survenant dans environ 15 à 20% des grossesses reconnues. Elles sont le plus souvent dues à des anomalies chromosomiques du fœtus, totalement indépendantes de ce que la mère a fait ou n’a pas fait.


Mais si une fausse couche survient dans les jours ou semaines suivant une séance de hijama, la praticienne risque d’être tenue pour responsable — même si le lien de causalité est inexistant. Cette peur du blame, de la mise en cause juridique ou morale, est une réalité que les praticiens vivent au quotidien.
Ce n’est donc pas forcément un manque de compétence ou de confiance dans la hijama qui pousse un praticien à refuser. C’est souvent une protection légitime face à un risque de responsabilité qu’il ou elle ne souhaite pas assumer.

Une absence de protocole officiel standardisé

Contrairement à d’autres pratiques de santé, il n’existe pas de formation certifiante officielle pour la hijama dans la plupart des pays francophones. Il n’y a donc pas non plus de protocole standardisé et reconnu pour la hijama pendant la grossesse. Chaque praticien fixe ses propres limites — ce qui explique la grande variabilité des pratiques et des positions sur ce sujet.

Des contre-indications réelles à respecter absolument

Au-delà de la peur de la responsabilité, il existe des situations dans lesquelles la hijama pendant la grossesse est véritablement contre-indiquée :

  • Grossesse à risque, grossesse multiple ou antécédents de fausses couches répétées
  • Placenta praevia ou placenta bas inséré
  • Risque d’accouchement prématuré
  • Hypertension artérielle gestationnelle ou prééclampsie
  • Troubles de la coagulation
  • Anémie sévère
  • Tout saignement vaginal inexpliqué

Dans ces situations, la hijama est formellement déconseillée, qu’elle soit sèche ou humide. Ce n’est pas négociable.

hijama sèche grossesse sans incision sûre

Hijama sèche ou hijama humide pendant la grossesse : quelle différence ?

C’est une distinction fondamentale que beaucoup ne connaissent pas — et qui change tout dans le contexte de la grossesse.

La hijama humide : la plus difficile à trouver pendant la grossesse

La hijama humide est la forme classique et la plus connue. Elle implique des micro-incisions sur la peau après la dépression créée par les ventouses, permettant l’extraction du sang chargé en toxines. C’est cette forme qui fait l’objet du plus grand nombre de refus de la part des praticiens pendant la grossesse.
Les raisons sont multiples : risque infectieux même minime, stimulation potentiellement trop intense du corps, et surtout la responsabilité médicale évoquée plus haut. Trouver un praticien acceptant de pratiquer la hijama humide sur une femme enceinte est donc très difficile. Et si vous en trouvez un, assurez-vous qu’il est réellement expérimenté et qu’il connaît parfaitement les contre-indications.

La hijama sèche : l’option la plus accessible et la plus sûre

La hijama sèche — sans aucune incision — est de loin l’option la plus adaptée à la grossesse. Elle crée simplement une dépression locale par aspiration, ce qui suffit à stimuler la circulation, décontracter les muscles et activer le drainage lymphatique.
C’est la forme que la plupart des praticiens accepteront plus facilement de pratiquer sur une femme enceinte. Notamment pour soulager les douleurs du dos, les jambes lourdes ou les tensions musculaires. Elle est douce, non invasive et peut être pratiquée à pratiquement tous les trimestres, sous réserve d’absence de contre-indications.

La moving cupping : idéale pour les œdèmes et les jambes lourdes

La moving cupping — ou ventouse glissante — est une variante de la hijama sèche où la ventouse est déplacée doucement sur la peau préalablement huilée. Elle agit comme un drainage lymphatique manuel et est particulièrement adaptée aux problèmes circulatoires de la grossesse. C’est probablement la technique la plus confortable et la moins anxiogène pour une femme enceinte.

À quel moment de la grossesse peut-on envisager la hijama ?

Le premier trimestre : la plus grande prudence

Le premier trimestre est la période de la grossesse où la hijama est le plus souvent déconseillée — et avec raison. C’est la période de formation des organes du fœtus, de l’implantation et des premiers développements critiques. C’est aussi la période où le risque de fausse couche est le plus élevé.
La grande majorité des praticiens refusera toute forme de hijama au premier trimestre. Cette position de prudence est tout à fait justifiée et je la soutiens pleinement.

Le deuxième trimestre : une fenêtre plus favorable

Le deuxième trimestre est généralement considéré comme la période la plus stable de la grossesse. Le risque de fausse couche est significativement réduit, le fœtus est bien implanté et le ventre n’est pas encore trop volumineux pour rendre la séance inconfortable.
C’est à ce stade que certains praticiens accepteront de pratiquer une hijama sèche ou une moving cupping, principalement pour soulager les douleurs du dos ou les problèmes circulatoires. Toujours sous réserve d’absence de contre-indications et avec l’accord du médecin ou de la sage-femme qui suit la grossesse.

Le troisième trimestre : le plus de demandes, le plus de possibilités

Le troisième trimestre est paradoxalement celui où la demande de hijama est la plus forte. Les douleurs lombaires s’intensifient, les œdèmes s’aggravent, la fatigue devient pesante. C’est aussi la période où certains praticiens sont plus enclins à accepter, notamment pour la hijama sèche et la moving cupping.
Vers la fin du troisième trimestre, certains points de hijama traditionnellement utilisés pour préparer le corps à l’accouchement peuvent être travaillés. Mais uniquement par un praticienne très expérimentée, connaissant parfaitement les points à éviter en fin de grossesse.

Hijama et grossesse : comment trouver un praticien qui accepte et comment vous y préparer

Comment trouver le bon praticien

Face aux nombreux refus que vous risquez de rencontrer, voici comment maximiser vos chances de trouver un praticien compétent et acceptant :

  • Cherchez dans les réseaux communautaires — le bouche-à-oreille reste le meilleur moyen de trouver une praticienne expérimentée avec les femmes enceintes
  • Soyez transparente sur votre grossesse dès le premier contact — ne cachez rien sur votre terme, votre suivi médical ou vos antécédents
  • Demandez explicitement si le praticien a déjà travaillé avec des femmes enceintes et combien de fois
  • Fuyez tout praticien qui minimise les précautions ou qui vous dit qu’il n’y a aucun risque — la prudence est un signe de compétence, pas de faiblesse
  • Obtenez l’accord de votre médecin ou sage-femme avant toute séance — apportez cet accord par écrit si possible

Comment vous préparer à une séance pendant la grossesse

Si vous trouvez un praticien acceptant et compétent, voici comment optimiser votre séance et votre récupération :

  • Mangez légèrement 2 à 3 heures avant la séance — ni à jeun, ni après un repas copieux
  • Hydratez-vous abondamment les 24 heures précédant la séance
  • Prévoyez du repos après la séance — ne planifiez rien d’intense dans les 24 heures qui suivent
  • Adoptez une alimentation légère et anti-inflammatoire après la séance — légumes vapeur, bouillon maison, jus de légumes frais 
  • Contactez immédiatement votre sage-femme si vous observez des contractions, des saignements ou tout signe inhabituel après la séance

alimentation physiologique grossesse hijama préparation

Hijama et grossesse : l’alimentation physiologique comme préparation

Que vous puissiez ou non trouver un praticien acceptant, l’alimentation physiologique reste le levier le plus accessible et le plus puissant pour soutenir votre corps pendant la grossesse.
Une alimentation anti-inflammatoire, riche en micro-nutriments et respectueuse des besoins physiologiques de votre corps en gestation, permet de réduire la charge toxique que la hijama chercherait précisément à éliminer. En d’autres termes : une bonne alimentation physiologique pendant la grossesse prépare le terrain et rend chaque séance de hijama plus efficace — et la récupération plus rapide.
Les aliments les plus précieux pendant la grossesse :

  • les légumes verts à la vapeur,
  • les jus de légumes frais à l’extracteur,
  • le ghee ou beurre clarifié riche en vitamines liposolubles A, D, E et K essentielles au développement du fœtus,
  • les bouillons d’os riches en collagène et en minéraux, et les aliments fermentés pour soutenir le microbiote intestinal — [découvrez tous les bienfaits du ghee].

Si vous souhaitez être accompagnée dans votre alimentation pendant la grossesse, découvrez mon [programme d’accompagnement spécial grossesse]. Il est conçu précisément pour soutenir le corps de la femme enceinte à travers une approche physiologique complète.


Questions fréquentes sur la hijama et la grossesse

La hijama peut-elle provoquer une fausse couche ?

C’est la question que tout le monde se pose et il est important d’y répondre honnêtement. À ce jour, il n’existe pas d’étude scientifique démontrant que la hijama provoque des fausses couches. Les fausses couches surviennent dans 15 à 20% des grossesses reconnues et sont dans la grande majorité des cas dues à des anomalies chromosomiques du fœtus — indépendamment de toute intervention extérieure.
Cela dit, l’absence de preuve n’est pas une preuve d’absence. La prudence au premier trimestre est tout à fait justifiée. Et si une fausse couche survient après une hijama, ce n’est pas forcément à cause de la hijama. Mais il est humainement compréhensible de faire ce lien.

Peut-on faire de la hijama pour déclencher l’accouchement naturellement ?

Certains points de hijama et d’acupuncture sont traditionnellement utilisés pour favoriser le déclenchement naturel de l’accouchement à terme. Cette pratique existe et est utilisée par certaines praticiennes très expérimentées. Mais elle ne doit jamais être tentée avant le terme prévu, et uniquement par une praticienne connaissant parfaitement les points en question. N’essayez jamais de déclencher vous-même des points de pression sans accompagnement professionnel.

La hijama est-elle possible pendant l’allaitement ?

Oui, la hijama est généralement possible pendant l’allaitement — c’est même l’une des périodes où elle est le plus souvent pratiquée, pour aider le corps à récupérer du post-partum, soutenir la production lactée et éliminer les déchets accumulés pendant la grossesse et l’accouchement. La fatigue post-partum est l’une des indications les plus classiques de la hijama.

Y a-t-il des points de hijama à absolument éviter pendant la grossesse ?

Oui. Certains points sont traditionnellement contre-indiqués pendant la grossesse car ils peuvent stimuler les contractions utérines. Ces points sont notamment situés sur les chevilles, le bas du ventre et le bas du dos profond. Un praticien expérimenté avec les femmes enceintes les connaît et les évitera — c’est l’une des raisons pour lesquelles l’expérience spécifique du praticien avec les femmes enceintes est un critère de sélection non négociable.

La hijama peut-elle soulager les nausées de grossesse ?

Certaines femmes rapportent un soulagement des nausées après des séances de hijama sèche sur des points spécifiques. Cette approche s’apparente à la réflexologie et à l’acupuncture — deux pratiques mieux documentées pour les nausées de grossesse. Si vous souffrez de nausées intenses au premier trimestre, discutez-en avec votre sage-femme et orientez-vous d’abord vers des praticiens d’acupuncture ou de réflexologie, mieux acceptés médicalement en début de grossesse.


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